L'année n'est pas
finie et lors d'une
grande marche à pied au Touquet, alors que F-BOJU est en 50
heures dans les ateliers d'Air-Maintenance, je compose dans ma
mémoire le rédac qui suit et projette ce qu'il faut
préparer pour l'année prochaine.
Voici la 3ème page de nos
bivouac 2007. Trois pages de randonnées
aéronautiques, trois pages de moments inoubliables,
de repos, de distractions
simples, d'amitié et de franche camaraderie, de partage
d'émotions aussi : joies et peines.
Chacun ici bas n'est pas
épargné.
Depuis le mois de mai, chaque
semaine nous faisons une
belle "sortie".
En ce début septembre,
nous retournons en Sud Bretagne pour la troisième fois,
à deux pas de Lorient.
Amis de longue date, nous
retrouvons avec plaisir "Minou" et Pierre-Marie.
Nous avons eu chacun de notre
côté, notre travercée du désert il y a
quelques années de cela.
Cela nous a plutôt
soudé. C'est pendant des moments pénibles que
souvent, on reconnait ses amis.
L'ambiance "jeunes papi/mamie"
nous a totalement rajeuni et nous évoquons les bons
souvenirs restés vivaces,
et ce devant l'apéro,
suivi d'un repas tout ce qu'il y a de mieux.
Le temps panse les blessures...
sans les guérir tout à fait. Il reste les
cicatrices.
C'est la première fois
que nous passons plusieurs jours ensemble.
Certains
évènements culbutent bien des barrières et
applanissent de nombreux obstacles.
C'est un nouveau départ,
l'avenir est serein, clair... plein d'avenir pour ne pas le dire
!
Quand on y pense, l'entr'aide,
c'est formidable !
Nous sommes partis le vendredi
après-midi pour deux jours et deux nuits qui ressemblent
plus à une semaine de vacances.
Cool la vie avec nos amis.
Dès le samedi matin
après un petit déjeuner de routard, promenade sur
les falaises et trempette dans la mer calme,
car le soleil est au
rendez-vous.
En Bretagne, c'est comme dans le
Nord, quand il ne pleut pas, il fait beau...
Faut pas toujours se plaquer sur
les clichés usés.
Du beau temps. Qu'est ce que
cela veut dire ? Bronzette sur la plage ou à la neige
?
Revenir au bureau plus
bronzé(e), "mieux que les autres" ?
Etaler ses performences
athlétiques, séductrices, que sais-je encore
?
BarBeQuter le soir avec quelques
pastis derrière la cravate... ?
Le beau temps, c'est tout le
temps ; il suffit de pouvoir s'adapter à l'environnement
!
Pourquoi les gens aiment-ils
l'Ecosse, l'Irlande ?
On entend n'importe quoi.
J'vous racconte.
Un jour j'étais avec un
Indien d'Amérique du Nord. Nous avions pris rendez-vous
pour visiter son lieu de prière dans les montagnes
et il pleuvait à grosses
goutes. Une drache pas possible. Le gars arrive dans son 4x4 comme
on dit là-bas.
Je monte dans sa bagnole et on
s'en va.
Sur le chemin on discute d'un
tas d'affaires d'indiens rythmées par le tambour des goutes
sur la carrosserie et le pare-brise.
A travers celui-ci on ne voyait
presque rien malgré les essuie-glace.
A un moment donné, nous
arrivons à destination : Un bois d'épinettes
troué par un sentier si étroit qu'il faut
l'emprunter à pied.
Je cherche les para-pluie. Pas
de para-pluie. On s'enfonce dans le bois et la boue, j'essaye de
le suivre.
Les épinettes
dégoulinantes ajoutent leurs goutes fraîches à
la douche drue.
Nous sommes, en quelques
secondes, trempés jusqu'aux os.
Chapeaux, blousons de cuir,
bottes... sont transpercés. Nous arrivons dans une
clairière.
Aux quatre points cardinaux, mon
pote l'indien touche des lanières de tissus de couleur et
commence à parler.
Quelques metres cube d'eau de
pluie plus tard, il me dit : "C'est le plus beau jour pour
remercier le dieu de la pluie.
La pluie le don du dieu.
Grâce à elle, l'herbe va pousser, les rivières
gonfler, les poissons se reproduire, les ours se régaler
des poissons, les lapins et les orignaux brouterons l'herbe grasse
et nous pourrons chasser !...
Les oeufs de mouches vont
éclore et les oiseaux mangerons les mouches... Tout un
programme.
Ca c'est de l'écologie.
Lui, mon pote l'Indien roule dans les bois avec un super Dodge de
7 litres de cylindrée !
Il vole sur un C-206 de 300 ch
sur flotte.
Mais il vit de et dans la
nature qu'il n'abime pas, pourtant il s'en sert.
Pour nous pilotes voyageurs, on
en demande pas tant. Que l'on ait de la visi, pas de vent outre
mesure ni de pluie comme celle-là,
ni d'orage, tant que la
sécurité n'est pas mise en cause, on devrait pouvoir
dire qu'il fait beau !
Pluie du matin n'arrête
pas le pélerin.
Ce week-end du 8 & 9
septembre fut exeptionnel à plus d'un titre.
Promenade au petit matin, retour
à l'appartement pour le repas de midi puis direction Belon
par des chemins de traverse.
Pas la peine de vous raconter la
beauté des paysages sous ce soleil "d'été
indien"...
Nous étions quatre
couples et une sélibataire à marcher. Monter la
montagne, descendre la montagne,
admirer tout ce que la nature a
de mieux à offrir.
L'arrivée d'une
régate dans le petit port de Belon était au
programme et le but de cette journée. la Fête
à Belon ou Belon en fête.
Au menu du dîner, thon et
sardines grillés plus des tas de bonnes choses à
grignoter en compagnie des marins régatiers.
Les filles
tousjours sérieuses !
Les
garçons aussi.
Les heures
passent. Vient le temps
... des
cartes postales...
... en
attendant le plongeon du Soleil dans l'Océan
Atlantique...
... "L'Ecole
des Fans de la Nature" se recueille.
Je ne dirais que 4 mots sur
la journée du dimanche. Pas marant le dimanche !
D'abord souvent le
lendemain, c'est lundi à défaut d'autre chose, et il
faut reprendre le boulot. Quelque fois pas rigolo. Les gens
!!!
Et puis surtout le
dimanche, il faut repartir. Moche de quitter des amis, un lieu
agréable. Partir quand on est si bien.
Moi, ça me donne
toujours le blues. Ah ! sentiments, quand tu nous tiens.
Ce dimanche-là,
en plus, c'est la continuité du samedi :
Gentillesse, douceur,
beauté du paysage, calme, bonne table, amis
charmants.
Nous reviendrons, c'est
promis. 2 heures 20 de vol ne nous séparent pas de
beaucoup. Mais il faut partir.
Heureusement, avant de partir
il faut arriver...
C'est le tour d'Haguenau.
Le septentième
anniversaire des fameux petits avions... les Piper Cub...,
Ces petits avions d'observation
qui ont opéré pendant la seconde guerre mondiale
!...
Henri Payre,
Délégué régional de l'AOPA & son
compère Eric Janssonne Reporter-Photographe, nous avaient
concocté un "Historic Flight" de premier ordre.
Sous le système flin-in,
sur ce très beau terrain d'aviation d'Haguenau, se sont
posés une bonne centaine d'avions !
La météo de ce
week-end est formidable. Tranquillement nous partons en fin de
matinée pour arriver 2h15mn plus tard.
Cette fois, j'ai fais le tour de
mon village natal. Cela m'a touché. Et, tout comme les
pilotes américains à l'époque, j'ai
regardé vers le bas pour voir ce qui se passait dans ce
petit village bien sage. L'usine a changé, elle a pris de
l'embonpoint, notre maison, de briques rouges et de pierre dans
son grand jardin... est peinte en blanc,
la scierie, la place de
l'égilse avec son kiosque, la mairie où officiait
mon grand'père, l'école des soeurs avec soeurs Maria
et Léontine, Mademoiselle Jeanne-Marie... L'école
des frères dirigée par Mr. Gofinet qui m'a
embrassé quand je suis parti pour la France.
J'avais 7 ans. Lui et sa fille
Elisabeth avaient de grosses larmes. Que de souvenirs !
Et puis Madame Simone, et
Karl...La brasserie Février ! la Marlière oû
nous allions l'été, l'hôtel-restaurant et le
garage...
Attendrissant tout cela ! On
pourrait penser que rien à changé hormis quelques
constructions récentes.
Pas un bruit dans mon casque,
c'est comme un film muet qui vous raconte. Les commentaires sont
mes souvenirs.
Nous reprenons quelques
degrès pour rejoindre notre route qui nous fait passer tout
le long des Ardennes.
Ecart de route aux abords de
Charleville pour laisser à un vol IFR le champ libre pour
d'atteidre son target.
Un mur de brume dense nous cache
la vue sur Metz, et quelques dizaines de minutes plus tard,
c'est une arrivée
encadrée par quelques avions Classic. Piper, Cessna,
Bucker...
Un Lancair qui a
décollé de Sarre-union au moment de notre verticale
terrain,
nous dépasse à
vive allure et se pose pendant que nous passions la vent
arrière. Belles lignes racées.
Nos amis nous attendaient. Ils
sont tous des fidèles membres de l'AOPA.
Ce qui nous permet, pendant nos
fly-in, de débattre de points sensibles en donnant chacun
son opinion.
La lutte pour garder un ciel
pour tous est bien inégale, les moyens utilisés par
nos administrations sont démesurés
par rapport à nos revenus
et disproportionnés eu égard à nos
machines...
Les gens ne se sentent plus
p..... Les proportions n'existent plus, même pas la
logique.
Cette administration devraient
mieux écouter les réels utilisateurs de cet espace
aérien que nous sommes.
A les entendre, il n'y a que la
théorie qui compte !
Nous sommes tous conscients de
notre responsabilité, plus que les non-utilisateurs qu'ils
sont bien souvent.
Exemple : Pour bien faire les choses, j'ai
demandé conseil à des ingénieurs de la DDE de
me dessiner
une aire de manoeuve pour qu'un
camion semi-remorque puisse se mettre facilement à quai de
mes installations.
Cela m'a coûté 3
briques de l'époque. Oh, j'avais de beaux dessins dans un
dossier de 36 pages reliées.
J'étais très
étonné par le prix (celui d'une Ferrari 250 GT
d'occase ou de 2 Porsche 911 d'occase... de 10 Peugeot 404 neuves
!)...
mais pas convaicu la
véracité de leur savoir.
Le premier camion arrive...
Devinez ! Impossible de manoeuver.
Pour récupérer mon
pognon ce fut coton : 10 ans que ça a
dûré.
J'ai tout de suite pris les
choses en main pour que mon entreprise ne faillite pas.
J'ai, avec un Caterpillar,
balayé ces 3 briques de ma vue et pour qu'un camion puisse
manoeuver normalement
passé un week-end sur le
terrain. Pas de dossier, pas de réunion, pas un sous sinon
celui du Cat.
Et depuis, ça marche pour
tout le monde.
L'Administration c'est bien
surtout quand il n'y en a pas-trop.
Revenons à nos
moutons.
Il fait chaud et nous nous
retrouvons à l'abri du soleil devant un drink
raffraîchissant à discuter de tout et de tout le
reste.
Nos fréquentes rencontres
sur les terrains d'aviation sont exemptes de pollutions de toutes
sortes.
Nous nous laissons vivre
calmement au rythme du programme préparé par les
organisateurs.
Programmes toujours bien
faits.
Un des plaisirs de ces fly-in,
c'est de pouvoir, une fois de plus, déambuler autour des
avions,
de discuter avec leur pilote,
d'écouter les histoires vécues, les
anecdotes.
Ici, Historic Flight nous
comble. Le plateau est admirable. Que faisons-nous ces deux jours
entiers : admirer.
Il serait trop long de citer,
énumérer, montrer ces appareils anciens, de
véritables grand'pères fringants comme des
gamins...
Je parle des avions et des
hommes qui les conduisent. Tout cela dans une bonne humeur, un
calme, une gentillesse de haute qualité.
Nous sommes dans le domaine des
connaisseurs. Il n'y a pas de place à l'esbrouffe.
Tout est authentique. Ici, c'est
ailleurs pourrait-on dire !
Le barbecue du soir arrive
rapidement tant il y a de belles choses à regarder, tant le
temps passe si vite.
Maintenant le spectacle est au
fournaux.
Deux sanglier tournent sur les
broches ainsi qu'une trentaine de poulets. Les patates sont sous
la cendre.
Nos estomac vont aussi
être à la fête dans quelques instants.
Là aussi l'organisation
est parfaite. En quelques minutes, après un apéritif
régional convivial, les deux sangliers sont dans les
assietes de tout le monde. Le brouhaha habituel des conversations
baisse d'un cran ! On savoure de dîner.
En guise de promenade digestive,
nous arpentons la piste, dans le noir, sous une voûte
céleste étoilée.
Au petit matin, rendez-vous pour
le petit-déjeuner, lieu de départ pour une nouvelle
journée.
En définitive, ces
week-end sont bien remplis. L'aviation de tourisme n'est pas un
vain mot.
C'est une réalité,
un crénau pour d'avenir qui a
toujours existé !
L'erreur vient des
autorités qui n'ont pas su voir les besoins ou qui ne
voient pas que le monde évolue sans eux dans ce domaine de
pointe.
L'erreur est humaine et nos
autorités ne sont pas des dieux, loin de là ! Quant
à la démocratie... c'est un voeu pieux pour rester
dans ce domaine.
Le dimanche est aussi beau que
le samedi. Avions, avions, avions. Pour nous qui les aimons, c'est
du nanan !
Nous sommes repartis en
calculant notre heure d'arrivée en fonction de la nuit
aéronautique tout en conservant une bonne marge de
sécurité.
Il n'y a pas eu de
problème.
On est sur d'être
arrivé lorsque l'avion est dans le hangar. Pas
avant.
Dernier épisode de
l'année, l'EFFEUILLAGE D'AUTOMNE...
On s'est "tapé" une
semaine lamentable quetion météo. Mais le week-end
annoncé pour l'Effeuillage d'Automne à Amiens doit
être correct.
En effet samedi il faisait un
temps de curé à Amiens. Pas à Luxembourg, pas
chez nous, pas en Normandie, pas dans le centre.
Bref il faisait beau à
Amiens et nulle part aillieurs.
Qu'à cela ne tienne, on
ira dimanche. Tout le monde est d'accord. Rendez-vous pour midi
à Amiens.
Mais c'est que la
météo est bonne partout ou presque. Sauf à
Amiens, plongé dans un brouillard à couper au
couteau !
Camille est dans la même
situation.
A midi, nous mettons en route
après avois pris la dernière d'Amiens. Nous tentons
presque tous le coup.
Presque tout le monde, car les
bivouaqueurs les plus éloignés ne vont pas
s'aventurer.
Le voyage jusqu'à Doulens
est normal, quelques nuages et le ciel bleu/gris au dessus.
à 1500 ft on se sent à l'aise.
Mais à Doulens c'est
l'inverse ; A notre altitude de voyage, c'est toujours correct
à part que l'on passe au dessus de la couche.
Les nuages touchent presque le
sol et à partir de 1500 ft, c'est un ciel bleu
éclatant.
La couche s'épaissit mais
nous continuons jusqu'à la verticale d'Amiens où
nous atteignons 2000ft !
Nous conversons avec le sol pour
signifier notre demi tour impératif.
Au retour, nous
réinversons le système et arrivons à St-Omer
l'estomac criant famine.
On range Utopie dans le hangar
et rentrons tous les deux, Marie-Françoise et moi, à
la maison.
C'est une expérience, une
heure de vol attipique. Ca apprend des choses et puis les amis
d'Amiens ne sont pas restés totalement
isolés,
nous étions juste
derrière la cloison d'ouate.
C'est bien la première
fois qu'à Amiens, autant au printemps qu'à
l'automne, il y fait mauvais temps.
Ca ira mieux la prochaine fois !
J'espère que ces lignes
vous auront donné un aperçu de l'ambiance et du bien
fondé de nos bivouacs
et surtout l'envie de vous
joindre à notre groupe.
Dans ce cas, nous aurions tous
un réel plaisir à nouer des liens d'amitié
avec vous pour que la chaîne s'allonge d'année en
année
et que grandisse l'envie de
découvrir de nouveaux horizons à partager...