Il est habituel que nous partions le matin pour entreprendre un voyage et
d'en revenir, pour ceux qui volent un peu, dans l'après midi.
Ne serait-il pas quelque fois, plus facile ou agréable de partir la veille ?
Qui n'a pas pensé au vol de nuit ?
Qui n'a pas dit un jour, Ah, si l'on pouvait partir ce soir, on serait tranquille demain !
 
C'est encore plus vrai l'hiver alors que les journées sont plus courtes !
 
Le Vol de Nuit n'étant pas acquit dans notre cursus PPL VFR,
pour voir ce privilège s'ajouter à notre licence,
il faut passer une habilitation au VOL DE NUIT.
 
Pourquoi ne pas profiter de cette extraordinaire facilité que nous offre
le vol de nuit pour enrichir notre savoir,
agrémenter notre passion du vol moteur, élargir notre champ d'action ?
 
 
Qu'est-ce donc cette qualification qui reste "fort obscure" dans les esprits ?
 
Mon Instructeur dit ceci :
" Plus qu'une simple qualification et un coup de tampon sur la licence,
la qualification au vol de nuit avion est une phase d'émulation fascinante pour le pilote VFR".
Il faut différencier QUALIFICATION* et HABILITATION.
En effet on parle de qualification pour le pilote TT et habilitation pour le pilote PPL.
Se renseigner auprès de votre instructeur.
Dans le texte ci dessous, j'emploirais la terminologie "qualification"
uniquement pour effet de style et de compréhension.
 
BUT DE LA QUALIFICATION VFR DE NUIT
 
On pourrait s'interroger, au vu des différentes contraintes,
sur la nécessité de passer une qualification VFR de nuit
Hormis les aspects évoqués plus hauts tels qu'émulation, rigueur, éveil, précision, réflexion, habileté, limites,
la qualification VFR de nuit permettra à son détenteur de voler en toute sécurité.
Conscient des difficultés et des dangers, mais aussi de pouvoir planifier des navigations de nuit pour l'entraînement et le plaisir du vol de nuit.
Enfin, et c'est l'attrait pratique le plus intéressant,
de pouvoir continuer de nuit une navigation commencée de jour
ou de pouvoir partir avant la tombée de la nuit d'un aérodrome non balisé
et continuer vers un aéroport ouvert de nuit,
sous réserve que les conditions minimales soient réunies (météo, avion, pilote, trajet ).
 
RETOMBÉES INDIRECTES DE LA QVN
 
La période la plus astreignante pour le pilote sera celle de la formation,
car il faudra qu'un nombre important de conditions soient réunies.
Une fois que le pilote aura fait le tour des questions techniques, réglementaires,
humaines et aura obtenu sa qualification VFR de nuit, après avoir vécu des moments
enthousiasmants ou des déceptions (Météo versatile) lors de sa formation,
il pourra établir un bilan de son enrichissement qui porte sur les points suivants
- objectif de perfectionnement et de rafraîchissement intellectuel atteint,
- évolution et continuité dans le milieu aéronautique,
- apprentissage structuré, et dans certains cas bonne maîtrise du pilotage aux instruments et de l'utilisation des moyens de radionavigation,
- élargissement du niveau de sécurité concernant la prévision et le suivi météorologique, le respect des marges de franchissement d'obstacles, la précision des caps et des altitudes,
- proscription de la précipitation et de la négligence.
En résumé, la qualification au vol de nuit, tend (dans l'état d'esprit et la préparation des vols)
vers le must de la sécurité qu'est l'IFR".
 
EN PRATIQUE, CE QUI M'EST ARRIVÉ
 
La "Qualif VOL de NUIT" c'est effectivement une bonne révision des connaissances aéronautiques
avec quelques particularités spécifiques à la sécurité, à la météo principalement,
la précision des trajectoires, l'étude approfondie de l'itinéraire avec d'autres
sources d'information que la carte VFR au 500.000°.
C'est aussi une approche assez fine du vol aux instruments (sans l'être),
et une façon de faire le point sur ses capacités d'endurance physique et intelectuelle,
morale et psychologique, sans compter sur une connaissance plus pointue de la machine.
Quelques instruments de bord sont obligatoires et un équipement
supplémentaire comme des lampes torche avec batteries de secours sont nécéssaires,
(A noter sur sa check liste !)
Absolument rien ne doit être laissé au hasard...
C'est avec l'expérience que l'on choisit le bon matériel qui est proposé chez les revendeurs
professionnels ou dans des magasins de sport- loisirs
j'en ai même trouvé en grandes surfaces.
Savoir "bien bricoler" est aussi un atout.
 
Le vol de nuit est un complément indispensable, une progression logique,
un enrichissement méthodique et passionnant dans la vie d'un pilote.
De plus, il vous conduit vers de multiples agréments :
La beauté de la Terre et du ciel, l'intimité du cockpit, le confort de la nuit,
la féérie du voyage dans la nuit noire.
A noter le côté paisible et tranquile du vol de nuit bien préparé.
 
Le vol de nuit, c'est tout simplement merveilleux.
 
 
 
*Cette ancienne qualification permet de voler de nuit en respectant les conditions de vol à vue.
Grâce à elle, fini les retours à la "limite du coucher de soleil", en fin de journée.
C'est un gain de liberté et une nouvelle dimension du vol passionnante.
 
CONDITION D'OBTENTION :
 
Cette aptitude s'obtient après la licence PPL :
- 5h de vol de nuit dont 3h en double commande
incluant 1h de navigation avec un instructeur
- 5 décollages et 5 atterrissages en solo.
 
A l'issue de ces minimas, et lorsqu'il le juge acceptable,
l'instructeur peut accorder l'aptitude sans test formel.
 
Pour les pilotes ayant l'ancien brevet de pilote privé, non transformée en licence PPL,
il faut suivre une formation spécifique avant de passer un test en vol :
 
- 5 h d'entrainement au vol sans visibilité avec un instructeur,
- 10 décollages et 10 atterrissages en solo,
- 3 navigations avec un instructeur.
 
Le test comporte également une navigation.
 
Les premiers pas
 
 
L'avion est disponible, car au club pour le vol de nuit, il n'y a pas foule !
Le temps libre, je le trouverais.
L'instructeur se choisit parmi les dizaines d'instructeurs,
tous meilleurs les uns que les autres.
Pour le terrain, ça se complique un peu !
En effet, il faut pouvoir décoller et revenir de nuit...
Mais à chaque problème il y a une solution,
ou, il n'y a pas de problème mais des solutions.
 
Dans mon cas, je trouve la solution avec l'Aéroclub de St-Inglevert... très aéronautique.
Terrain privé au balisage de piste pour la nuit uniquement agréé pour les membres du club.
Parfait pour décoller de nuit ou y revenir après le baroud.
Car, en effet, il n'est pas possible de faire école sur un terrain privé.
 

 
Prise de contact avec le soir qui tombe.
Attentivement les yeux suivent la descente du soleil vers la ligne d'horizon terre/mer.
D'où je suis, au millieu de la piste c'est surprenant de rapidité.
Le disque rond sur la ligne nette commence à perdre des morceaux !
Déjà la moitié à disparue. Il ne reste maintenant que le haut du cercle rouge et
autour de moi la lumière est totalement absente.
Seul, derrière l'horizon, pointe un soupçon de clarté !
Il fait nuit.
En quelques secondes, le vent est tombé, les oiseaux se sont tus.
A la ville, à la maison ou dans le jardin, tout cela ne se vit pas de la même manière.
Ici , seul sur le "tarmac" le noir devient une couleur !

Tiens, je me découvre une âme de poëte !
Probablement que la féérie du vol de nuit m'a déjà envoûté...
 
Il fait froid et nous prenons place dans le cockpit.
Trouver ses repairs dans le noir est un exercice nouveau et nécessaire.
Contact, éclairage de bord, des instruments, check-list.
Moteur, ça tourne rond.
Je laisse chauffer au régime requis ce qui me laisse le temps de me préparer
et de préparer la machine.
La lumière rouge du cockpit donne une impression de vol professionnel.
Pour peu je me sentirai en mission.
La moteur est chaud, je suis prêt.
Phare de roulage, radio, clairance... je roule pour la 03 et rappelle prêt.
F-BOJU au point d'attente 03, prêt.
F-BOJU allignez-vous, autorisé au décollage, virage à gauche, rappeler en sortie
et contactez Lille sur....
Je mets progressivement la puissance et BOJU s'élance sur la piste noire
bordée de lampions bleus.
Garder l'alignement ne pose aucun problème.
Les yeux, comme d'habitude consultent les instruments...
Seuls les lumières balisant la piste et les feux rouge la limitant
me donnent les repères sol.
A la vitesse requise sur le badin, rotation et l'avion s'élève sans effort.
Devant le capot, nuit noire, sur les côtés, les quelques lampions des villages et
des routes filent et ne servent pas à grand chose.
Le vario est positif, freins, train, gaz, hélice, ne rien oublier...
300 ft, rentrer les volets, ah oui !
couper les phares ! virage à gauche, garder l'assiète.
 
 
 
Au fil des séances, je me rassure et commence à trouver mes repaires.
L'Instructeur est pointu, on voit que je suis aux cours du soir !
Il n'y a pas de place pour l'à peu près.
 
 
< - Page 11 - >
 
Accueil